Transurban, le colosse des opérateurs routiers en Australie, gagne beaucoup d’argent en fournissant les routes devenues essentielles pour les citadins. D’aucuns arguent qu’il serait possible d’assurer un service similaire mais moins onéreux.
Transurban, le géant des péages, qui possède les principales autoroutes australiennes comme la CityLink à Melbourne, les M2 et M7 à Sydney, et les Clem Jones et Gateway à Brisbane, vient d’annoncer ses résultats semestriels : son chiffre d’affaires a explosé de 19,3 % soit 990 millions de dollars, alors que ses recettes ont grimpé de 14,6 % soit 729 millions de dollars.
Transurban est comme une énorme machine qu’il faut nourrir au goudron, au béton et aux voitures, mais une fois le tout digéré, elle rejette une montagne d’argent. Plus les Australiens conduisent, plus ça rapporte à Transurban.
À Sydney, le trafic routier s’est accru de 9 % et les recettes des péages ont grimpé de 14,9 %. À Melbourne, le trafic ne s’est intensifié que de 1,9 % mais les recettes des péages ont gonflé de 7,4 %, alors qu’à Brisbane le trafic a connu une hausse de 9,6 % et les recettes des péages une augmentation de 11,4 %. Les recettes des péages s’accroissent plus rapidement que le trafic routier grâce à la formule que la société utilise pour doper ses tarifs.
Certes, Transurban met en jeux des milliards de dollars dans des investissements qui permettent aux routes de fonctionner. Néanmoins, le Dr Chris Hale, un économiste indépendant spécialiste des transports, signale que l’accord entre Transurban et le gouvernement sur les péages est trop généreux. Il ajoute qu’il existe des moyens moins onéreux de fournir des infrastructures similaires sans offrir de récompense excessive.
« Si CityLink, par exemple, était un projet public, les péages auraient déjà rentabilisé plusieurs fois les coûts. Tout serait remboursé et bien sûr les péages pourraient être utilisés pour financer d’autres infrastructures », explique M. Hale.
La formule magique à bénéfices
Sur la CityLink de Melbourne, par exemple, le taux maximum auquel les prix des péages peuvent augmenter ne peut dépasser l’Indice des prix à la consommation (IPC) soit près de 4,5 % par an. Avec un taux d’inflation très bas à 1,7 % cette année, les péages de CityLink font monter leurs tarifs de près de 3 % en termes réels.
Cependant, il existe d’autres façons pour Transurban de faire grimper les prix des péages. L’année passée, l’opérateur routier a investi 1,1 milliard de dollars pour l’élargissement de la M2 et de la M5 à Sydney. En échange de ces dépenses de capitaux, le gouvernement de la Nouvelle-Galles du Sud a accordé à Transurban une hausse de 8 % sur les tarifs des péages.
Si toutes ces pratiques sont réunies, on obtient une base de recettes considérable et en expansion, qui ont permis à Transurban de voir son investissement initial de 1,8 milliard de dollars à Melbourne se multiplier lors des 16 dernières années pour s’établir aujourd’hui à 21 milliards de dollars.
Source : The New Daily


















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