Le Premier ministre australien, Anthony Albanese, a lancé jeudi un appel aux électeurs, leur demandant de soutenir un amendement de la Constitution qui pourrait donner aux Aborigènes une « voix » au Parlement, lors d’un référendum en 2023.
Un tel changement permettrait aux quelque 900.000 personnes qui s’identifient comme Aborigènes, sur les 25 millions d’habitants que compte l’Australie, d’être représentés par le biais d’un organe consultatif, et d’avoir ainsi leur mot à dire sur l’élaboration des politiques nationales.
M. Albanese a déclaré que les Australiens avaient la possibilité de rattraper des siècles d’injustice, de reconnaître officiellement les groupes aborigènes et insulaires du détroit de Torrès et de leur donner une voix dans le processus décisionnel lors d’un vote qui aura lieu courant 2023.
Il s’agit « de la façon dont notre nation se perçoit elle-même. Il s’agit de savoir si nous avons la confiance nécessaire pour assumer notre histoire », a mis en avant le leader de centre-gauche.
Les Australiens seront appelés à se prononcer sur une proposition visant à « modifier la Constitution pour reconnaître les premiers peuples d’Australie en établissant une voix aborigène et insulaire du détroit de Torrès ».
M. Albanese a admis qu’il ressentait le « poids de la responsabilité » à l’égard d’un vote dont l’issue reste incertaine.
Les sondages indiquent qu’environ 60% des Australiens sont favorables à un changement constitutionnel, mais le soutien s’érode et des questions subsistent quant au fonctionnement de la « voix » aborigène.
Le Premier ministre s’est efforcé de dissiper les inquiétudes, soulignant que la « voix » était une demande « modeste » qui concernait autant la façon dont l’Australie se perçoit elle-même que l’élaboration de lois concrètes.
Pendant des décennies, la population à majorité blanche de l’Australie a eu du mal à faire face à son passé souvent brutal.
Pendant plus d’un siècle, les Aborigènes australiens n’ont pas été considérés comme des citoyens à part entière et, bien que ces droits soient désormais inscrits dans la loi, de profondes inégalités subsistent.
Cette minorité est confrontée à des conditions de vie plus difficiles, avec un moindre accès aux soins, à l’éducation, une espérance de vie plus faible et des salaires plus bas.
« La voix au Parlement, inscrite dans notre Constitution, signifie que notre peuple est écouté et entendu sur les questions qui nous concernent », a déclaré le sénateur autochtone Patrick Dodson.





















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