2020 n’est certainement pas l’année des backpackers. Entre les fermetures de frontières et les annulations de vols, des voyageurs du monde entier se retrouvent actuellement dans des situations difficiles. Beaucoup de jeunes en working-holiday visa en Australie ont ainsi décidé d’écourter leur séjour et de rentrer en France le plus vite possible, notamment grâce aux vols mis en place par l’ambassade. Certains ont néanmoins décidé de poursuivre leur rêve le plus longtemps possible, à l’instar de David Debrincat.
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David est un Français parti le 14 mars dernier de Byron Bay, avec comme projet de traverser tout le pays d’est en ouest, en passant par Uluru (au centre de l’Australie), soit un trajet de 5000 kilomètres. La spécificité de cette aventure ? Elle devait s’effectuer totalement à pied. Cela faisait maintenant plusieurs années que David la préparait : « J’avais prévu entre 5 et 6 mois pour ce voyage. Pour la traversée des déserts, des amis devaient me rejoindre en voiture et me ravitailler à certains points clé. ». L’objectif final pour cet auteur du secteur du tourisme est d’écrire un livre sur son périple. Avec la pandémie de coronavirus, ces plans ont été complètement bouleversés.
De la marche, au vélo, à l’isolation
Les amis de David ne pourront pas venir en Australie, car le pays a interdit l’entrée sur le territoire de tous les étrangers non-résidents : « Je me retrouve un peu seul face à l’aventure » déclare-t-il. Pour ne pas prendre de retard sur son programme à cause des 2 semaines d’auto-isolation exigées à l’entrée dans un nouvel Etat, David avait trouvé une solution : « j’avais décidé de continuer à vélo, cela me semblait plus gérable pour le ravitaillement ». Mais arrivé à Roma, une ville du Sud du Queensland, il a vite déchanté : « Toutes les frontières entre les Etats ont fermé une par une, et je suis maintenant bloqué dans le Queensland. J’ai eu beaucoup de chance, parce qu’à Roma j’ai rencontré Georges, un Français qui vit ici depuis 1972, et président de l’association des Anciens combattants de la ville. C’était une rencontre miracle pour moi, parce qu’il m’a fourni un abris où je peux planter ma tente, utiliser la cuisine, et la salle de bain. ».
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De la difficulté d’être confiné à l’étranger
David est donc en isolation à Roma pour une durée indéterminée, mais qui sera probablement longue, et éloigné de ses proches restés en France. S’il arrive à communiquer avec sa femme et ses amis tous les jours, il s’inquiète pour eux alors que la propagation du covid-19 ne ralentit pas en France, et se sent souvent seul. Il commence à écrire son livre, fait de l’exercice pour rester en forme, et prend sur lui : « Rentrer en France m’a traversé l’esprit, mais je m’investis dans ce projet depuis 2 ans, et je me suis dit que si je rentrais je n’aurais pas le courage de revenir. Je prends le risque de rester en espérant que les choses évoluent dans le bon sens. Je me donne jusque fin juillet pour repartir. ».
« Il faut que chacun respecte le confinement car c’est la meilleure façon de sortir plus vite de la crise »
Suite au développement de clusters dans des endroits fréquentés par les backpackers, comme cela a pu être le cas à Bondi, ceux-ci ont expérimenté une hostilité inédite de la part des Australiens. Pneus crevés, voitures rayées insultes… Ils sont accusés de contribuer à la propagation du virus avec leur mode de vie nomade. Si David n’a pas vécu de situations aussi extrêmes, il a a tout de même perçu une différence entre le début et la fin de son périple. « Au tout début de la marche, on parlait assez peu du coronavirus, et l’accueil était formidable : où que j’aille, j’avais tous les soirs une très grande aide et un hébergement. J’ai rencontré plus de difficultés au fur et à mesure du temps. Moins de monde s’arrêtait, et trouver un hébergement demandait plus de temps. »
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David ne comprend pas l’hostilité grandissante vis-à-vis des voyageurs, mais tient à prendre ses responsabilités en s’isolant autant de temps que nécéssaire : « Il faut que tous les backpackers acceptent de s’arrêter pour ne pas risquer de propager le virus. Aujourd’hui je n’ai aucun problème à Roma, mais je ne fais pas courir de risques. Je ne sors que pour faire les courses, et ne vois personne. Il faut que chacun respecte le confinement car c’est la meilleure façon de sortir plus vite de la crise. »
David est très reconnaissant pour les Australiens qui l’ont accueilli jusqu’ici, et n’abandonne pas son projet : « J’espère pouvoir vite reprendre la route pour découvrir ce pays dont je tombe un peu plus amoureux chaque jour.« .





















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