L’Australie a condamné mercredi le fait que la Chine ait selon elle inculpé un écrivain dissident chinois naturalisé australien, en observant que sa santé précaire était incompatible avec sa détention, en pleine épidémie de Covid-19.
Yang Jun, dont le nom de plume est Yang Hengjun, avait été interpellé en janvier 2019 lors d’un de ses rares passages dans son pays d’origine.
Romancier et blogueur, partisan d’une démocratisation de la Chine, il est soupçonné d' »activités criminelles portant atteinte à la sécurité nationale » par la Chine, avait indiqué Canberra en 2019.
« Le gouvernement s’oppose fortement à l’inculpation formelle du citoyen et universitaire australien Yang Hengjun pour des soupçons d’espionnage », a déclaré la cheffe de la diplomatie australienne Marise Payne.
L’Australie a précisé que cette inculpation ne lui avait pas formellement été notifiée, mais y a vu un manque de solidarité de la Chine en pleine pandémie.
« Les crises sont pour les nations une occasion de s’unir. Le fait que notre défense constante du Dr Yang n’ait pas été entendue ne va pas dans le sens d’un esprit de respect mutuel et de confiance », a dit Mme Payne.
« L’état de santé du Dr Yang le rend particulièrement vulnérable au Covid-19 », a-t-elle poursuivi en dénonçant ses conditions de détention « difficiles ».
« Nous avons maintes fois demandé le respect des normes internationales en matière de justice, l’équité de la procédure et l’application d’un traitement humain », a-t-elle ajouté.
M. Yang n’a pas eu accès à un avocat.
« C’est un traitement inacceptable d’un citoyen australien », a dit Mme Payne qui a de nouveau réclamé la libération immédiate de l’universitaire.
Lors d’un point presse mercredi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Geng Shuang, n’a pas confirmé cette inculpation.
Il a cependant indiqué que M. Yang était « soupçonné de se livrer à des activités criminelles portant atteinte à la sécurité nationale » du pays.
Le porte-parole par ailleurs assuré que ses droits étaient « pleinement garantis » tout en expliquant que les autorités ont temporairement suspendu les visites dans les établissements pénitentiaires dans le cadre des mesures de lutte contre le Covid-19.
« Nous exhortons l’Australie à respecter la souveraineté de la Chine en matière de justice et à cesser toute ingérence », a-t-il ajouté.
M. Yang est le dernier d’une série de ressortissants étrangers à être détenu en Chine pour espionnage.
Son cas avait déjà été l’objet d’une passe d’armes entre Pékin et Canberra en juillet. Mme Payne avait condamné le placement en détention de l’écrivain – jusqu’alors en résidence surveillée – et la Chine avait déploré ces critiques.
Son interpellation était intervenue sur fond de tensions entre Pékin et certains pays occidentaux. Deux Canadiens avaient ainsi déjà été arrêtés en décembre 2018 pour des accusations similaires.
L’Australie évite traditionnellement toute friction avec la Chine, son plus grand partenaire commercial.
Mais les relations bilatérales s’étaient dégradées lorsque Canberra avait annoncé que le géant chinois des télécoms Huawei serait exclu du déploiement du réseau 5G sur son sol, évoquant des risques pour la sécurité nationale.





















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