L’Australie doit tirer les leçons des guérillas passées et adopter une politique de « dissuasion non-conventionnelle » pour faire face aux menaces de la Chine, de la Russie et d’ailleurs, a préconisé l’un des think tank les plus influents du pays mercredi.
Dans le cadre de l’accord de coopération AUKUS, conclu avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni, l’Australie doit acquérir au moins trois sous-marins de classe Virginia dans les 15 prochaines années, avec l’objectif de construire à terme ses propres sous-marins.
Mais pour le moment, Canberra présente des lacunes importantes en matière de défense, a averti le rapport publié par l’Australian Strategic Policy Institute (ASPI), un think tank non partisan financé par le ministère australien de la Défense et le département d’Etat américain.
« La dépendance traditionnelle de l’Australie à l’égard des grands et puissants et de la dissuasion nucléaire étendue ne semble plus assurée », estiment les auteurs.
« L’Australie a des options pour combler le fossé de dissuasion actuel: nous devons simplement aller au-delà des paradigmes conventionnels », assure néanmoins le think tank.
Tout en reconnaissant l’infériorité de l’Australie face à des adversaires comme la Chine, l’ASPI estime que des guérillas passées comme celle des Tchétchènes contre la Russie dans les années 1990 ont montré que de plus petits acteurs peuvent infliger de sérieux dégâts à des ennemis beaucoup plus grands.
Le think-tank souligne l’utilisation croissante par Pékin des tactiques dites de « zone grise » — cyberguerre, coercition et subversion qui ne relèvent pas d’actes de guerre — comme preuve que Canberra a besoin d’une politique plus dynamique et réactive.
Le rapport mentionne également les stratégies du « porc-épic » de la Suisse et des Etats baltes, ou de la « crevettes empoisonnée », de l’ancien dirigeant de Singapour Lee Kuan Yew, et suggère que l’Australie s’en inspire.
Enfin, le rapport appelle à recréer un poste de conseiller à la sécurité nationale, doté d’un pouvoir de supervision sur les agences de renseignement de Canberra, ainsi qu’à des réformes des lois sur le renseignement et la défense pour faciliter la nouvelle politique.
L’Australie est en phase de renforcement de ses défenses pour faire face à la montée en puissance de la Chine, qui est également son plus grand partenaire commercial.
Mais le pays prévoit d’augmenter progressivement ses dépenses de défense à 2,4% du produit intérieur brut — bien en deçà des exigences américaines de 3,5%.





















Discussion à ce sujet post