A quelques jours du début d’une tournée en Australie où elle devait donner plusieurs conférences, la lanceuse d’alerte Chelsea Manning pourrait se voir refuser son entrée en Australie.
Mme Manning, ex-membre du renseignement américain, est connue pour avoir livré à Wikileaks plus de 700 000 documents militaires et diplomatiques classés secret défense. Elle devait commencer une série de conférences à Sydney le 2 septembre.
Le gouvernement australien envisage cependant de lui refuser l’entrée sur le territoire australien en s’appuyant sur l’article 501 du Migration Act. Celui-ci spécifie en effet que le ministre de l’immigration, en l’occurrence Peter Dutton, a le pouvoir discrétionnaire de refuser un visa pour une question de moralité.
Le ministère s’appuierait sur le fait que Mme Manning a un casier judiciaire chargé. Chelsea Manning avait été condamnée à 35 ans de prison mais n’en a purgé que 7, grâce à la décision de Barack Obama de commuer sa peine.
Les avocats de Mme Manning devraient faire appel ce jeudi.
En Nouvelle-Zélande aussi, la visite de Mme Manning divise. Des élus d’opposition souhaiteraient que son visa lui soit refusé du fait qu’elle est toujours sous le coup d’une condamnation aux Etats-Unis ; en effet, sa peine a été commuée mais pas annulée par l’ex-président américain.
Michael Woodhouse, ex-ministre et porte-parole du National Party, a déclaré qu’il trouvait inapproprié le fait que Mme Manning puisse gagner de l’argent en parlant de ses crimes. « Ce n’est pas une question de liberté de parole » a-t-il ajouté. « Mme Manning peut s’exprimer librement, mais n’a pas le droit de voyager où elle veut. D’autres pays lui ont déjà refusé l’accès à leur territoire. »
Une position que ne partage évidemment pas le lobby « Free Speech Coalition : celui-ci rappelle que Nelson Mandela, dans la même situation en 1995, avait été accueilli en Nouvelle-Zélande.
Source : news.com.au
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