Le gouvernement australien a annoncé jeudi la conclusion d’un accord avec les deux principaux raffineurs du pays, Ampol et Viva Energy, pour sécuriser les approvisionnements en carburant au moment où le conflit au Moyen-Orient continue de perturber les marchés mondiaux.
L’agence d’exportation fédérale a conclu un accord avec les deux raffineries australiennes, permettant l’importation de volumes supplémentaires de carburant vers les installations de Viva Energy à Geelong et d’Ampol à Brisbane. En vertu de cet accord, le gouvernement s’engage à garantir financièrement les contrats d’achat de carburant sur le marché spot, à des prix supérieurs aux tarifs commerciaux habituels.
Le Premier ministre Anthony Albanese a insisté sur le caractère exceptionnel de la démarche. « Ce n’est pas du business as usual », a-t-il déclaré à Brisbane. « Dans le cadre de cet accord, le gouvernement peut orienter la distribution du carburant… vers les régions rurales et les zones en tension d’approvisionnement. »
La priorité est donnée aux zones rurales et agricoles, où des dizaines de stations-service sont à sec depuis plusieurs semaines. Dans la Nouvelle-Galles du Sud, 125 stations étaient encore sans diesel et 34 sans essence, des chiffres en recul par rapport aux jours précédents.
Malgré l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines au Moyen-Orient, le Premier ministre a mis en garde contre tout optimisme prématuré sur les prix. « Si le cessez-le-feu tient, cela ne signifie pas que les capacités mondiales seront disponibles en une semaine ou un mois. Il y aura une longue traîne, c’est très, très clair », a-t-il prévenu.
Les spécialistes confirment cette prudence. Selon David Leaney, enseignant-chercheur en chaînes d’approvisionnement à l’Université nationale australienne, si le cessez-le-feu se maintient, les prix du carburant ne commenceront probablement à baisser que dans les mois suivants, le temps que les entreprises écoulent leurs stocks achetés à prix élevés. Malcolm Roberts, directeur de l’Australian Institute of Petroleum, a lui aussi mis en garde contre toute attente d’effets immédiats sur l’approvisionnement ou les prix dans la région.
Sur le plan fiscal, les mesures de soulagement engagées depuis début avril restent en vigueur. La réduction combinée de la taxe fédérale sur les carburants et la renonciation des États et Territoires à une partie des recettes de TVA portent la baisse totale de l’accise à 32 centimes par litre, soit une économie de près de 23 dollars australiens pour un plein de 65 litres.
L’opposition, de son côté, réclame davantage de transparence. Le chef de l’opposition Angus Taylor a appelé le gouvernement fédéral à mettre en place un tableau de bord public indiquant le niveau des réserves nationales de carburant et les stations-service sans approvisionnement.
La crise, déclenchée par le conflit au Moyen-Orient, a mis en lumière la dépendance de l’Australie aux raffineries asiatiques pour son approvisionnement énergétique — une vulnérabilité que Canberra entend désormais corriger sur le long terme.





















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