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Home » AUSTRALIE » CULTURE AUSTRALIE » LEARN FRENCH » Grande Barrière de corail: l’Australie évite la liste des sites en péril [LEARN FRENCH]

Grande Barrière de corail: l’Australie évite la liste des sites en péril [LEARN FRENCH]

AFP AFP
juillet 26, 2021
Temps de lecture: 5 mins
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(FILES) This photo taken on November 20, 2014 shows an aerial view of the Great Barrier Reef off the coast of the Whitsunday Islands, along the central coast of Queensland. - Australia will strongly oppose a UNESCO plan to list the Great Barrier Reef as "in danger" over its deterioration caused by climate change, the government said on June 22, 2021. (Photo by SARAH LAI / AFP)

(FILES) This photo taken on November 20, 2014 shows an aerial view of the Great Barrier Reef off the coast of the Whitsunday Islands, along the central coast of Queensland. - Australia will strongly oppose a UNESCO plan to list the Great Barrier Reef as "in danger" over its deterioration caused by climate change, the government said on June 22, 2021. (Photo by SARAH LAI / AFP)

L’Australie a évité vendredi que l’Unesco inscrive la Grande Barrière de corail sur sa liste des sites du Patrimoine mondial en péril, malgré l’inquiétude de la communauté scientifique sur la dégradation (1) de cet écosystème unique. Le Comité du patrimoine mondial a décidé de reporter une telle décision, après un lobbying intense de l’Australie qui y était opposée. Il est actuellement réuni en ligne sous la présidence depuis Fuzhou (Chine) de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’Education et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco. »J’aimerais remercier sincèrement les éminents délégués pour avoir reconnu l’engagement de l’Australie envers la protection de la Grande Barrière de corail », a déclaré au Comité la ministre australienne de l’Environnement, Sussan Ley, selon un communiqué.Les membres du Comité, dont la Chine, la Russie ou l’Arabie saoudite, ont estimé que l’Australie devait se voir donner plus de temps pour faire le point sur ses efforts de conservation de la Grande Barrière, inscrite en 1981 au Patrimoine mondial.Ils ont également demandé à l’Unesco d’envoyer une mission d’évaluation sur le site, après les critiques de Canberra reprochant à l’organisation de se reposer sur des rapports existants pour faire ses recommandations.

L’agence des Nations unies avait publié en juin les préconisations (2)de ses experts et organismes consultatifs suggérant que cet écosystème soit rangé sur la liste des sites « en péril » du fait de sa détérioration, pour beaucoup due à la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux, conséquence des bouleversements climatiques.

– Détérioration significative –

Tim Badman, directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), a estimé que la Grande Barrière remplissait « sans ambigüité » les critères pour figurer sur la liste des sites en péril.

« Malgré les efforts majeurs effectués par l’Etat partie, le statut de valeur universelle inestimable de la Grande Barrière de corail et les perspectives de rétablissement se sont tous deux détériorés de manière significative », a-t-il dit.

Pour David Ritter, directeur de la branche Australie Pacifique de l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace, la décision de l’Unesco représente une « victoire pour l’un des lobbying les plus cyniques (3)de l’histoire récente ».

« Ce n’est pas un succès, c’est un jour d’infamie (4) pour le gouvernement australien », a-t-il estimé.

Une telle inscription n’est pas considérée comme une sanction par l’Unesco. Certains pays y voient même un moyen de sensibiliser la communauté internationale et de contribuer à la sauvegarde (5) de leur patrimoine.

Mais l’Australie percevait (6) cette éventualité comme une gifle, redoutant que cela n’entame l’attrait touristique de l’ensemble corallien qui s’étend sur 2.300 km et génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien.

Mme Ley s’était rendue à Paris plus tôt en juillet pour faire campagne auprès des pays siégeant (7)au Comité. Canberra était allé jusqu’à emmener des ambassadeurs plonger sur la Grande Barrière et 12 des 21 Etats membres du Comité avaient proposé de reporter la décision à 2023.

En 2015, l’Australie avait déjà obtenu un sursis (8)au terme d’une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d’investissements pour protéger les récifs.

Mais depuis lors, l’ensemble a durement souffert du fait de trois épisodes très graves de blanchissement des coraux.

Le blanchissement est un phénomène de dépérissement(9) qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau -conséquence du réchauffement climatique- qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.

Les scientifiques du gouvernement australien ont affirmé que de nombreux récifs montraient des signes de rétablissement  (10) ces derniers temps, tout en reconnaissant que les perspectives d’avenir pour l’ensemble corallien étaient très mauvaises.

– « Couronne d’épines » –

Deux tiers de la Grande Barrière sont estimés comme ayant souffert d’une manière ou d’une autre. Outre le réchauffement ou les cyclones, elle est menacée par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive.

L’acanthaster planci -surnommée « couronne d’épines » ou plus facétieusement « coussin de belle-mère »- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l’homme.

Dans ses recommandations, l’Unesco accusait l’Australie de n’avoir pas atteint ses objectifs en termes de qualité de l’eau et s’en prenait au mauvais bilan australien en matière climatique.

Le gouvernement conservateur australien essuie des critiques croissantes pour ne pas s’être fixé l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le Premier ministre Scott Morrison avait affirmé que le pays espérait l’atteindre « dès que possible ». L’Australie est l’un des principaux exportateurs mondiaux de charbon (11) et de gaz naturel.

VOCABULAIRE:
1 une dégradation: a damage
2 les préconisations: the recommendations
3 cynique : cynical
4 une infamie : a dishonor
5 la sauvegarde : the protection
6 percevoir : to conceive
7 siéger : to sit
8 un sursis : a reprieve
9 un dépérissement : a decline
10 des signes de rétablissement : signs of recovery
11 le charbon : the coal

In English:

Great Barrier Reef avoids UNESCO ‘in danger’ listing

Australia on Friday avoided having the Great Barrier Reef listed as an endangered world heritage site by UNESCO, despite extensive climate change-fuelled damage to the ecosystem’s corals.After a concerted lobbying effort by Canberra, members of the World Heritage Committee — including leading fossil fuel producers Russia and Saudi Arabia — voted to give Australian conservation efforts more time.The group brushed aside UNESCO experts’ recommendation that the reef’s World Heritage status be downgraded because of dramatic coral decline, instead telling Australia to report on the reef’s status by 2022.The 2,300-kilometre-long (1,400-mile-long) ecosystem has suffered three mass coral bleaching events since 2016, caused by rising ocean temperatures due to global warming.

Areas once teeming with vibrant corals have become lifeless washed-out wastelands, and two-thirds of the reef is believed to have been damaged in some way.

Despite the damage, the reef remains a vital tourist draw for Australia, which had feared an « in danger » label could deter post-pandemic visitors.

Australia’s environment minister Sussan Ley had flown to Paris earlier this month to personally lobby member states on the committee, while key ambassadors were invited on a reef snorkelling trip.

On Friday, Ley welcomed the decision, thanking « esteemed delegates for recognising Australia’s commitment to protecting the Great Barrier Reef ».

– ‘Day of infamy’ –

Environmental groups decried the decision as a political stitch-up.

« This is a victory for one of the most cynical lobbying efforts in recent history, » said Greenpeace Australia Pacific CEO David Ritter.

« This is not an achievement — it is a day of infamy for the Australian government. »

A decision on the reef’s status had already been postponed from 2015, when Australia successfully waged a similar diplomatic campaign and committed billions of dollars to reef protection.

« This is history repeating itself, » said Climate Council spokesman Will Steffen.

« Australia must stop censoring science, and start taking the steps we know are required to help protect the reef, » he added.

Though Australian government scientists say corals have shown signs of recovery in the past 12 months, they admit the reef’s long-term outlook remains « very poor ».

As well as coral bleaching, the reef is also susceptible to damage from cyclones and outbreaks of crown-of-thorns starfish, which eat the coral.

UNESCO had accused Australia of failing to meet key water quality and land management targets, while also taking aim at the country’s conservative government for its lacklustre climate efforts.

Canberra is facing growing international criticism for refusing to commit to net zero emissions by 2050.

The government has said it hopes to meet the target « as soon as possible » without harming the country’s fossil fuel-reliant economy.

The World Heritage Committee asked UNESCO to send a monitoring mission to inspect the reef, after Canberra criticised the agency for relying on existing reports to make its recommendation.

The decision comes after Venice also dodged the endangered list on Thursday, following Italy’s move to ban large cruise ships from sailing into the city centre.

However, Liverpool’s waterfront was deleted from the list entirely, amid concerns about overdevelopment, including plans for a new football stadium.

L’Australie a évité vendredi que l’Unesco inscrive la Grande Barrière de corail sur sa liste des sites du Patrimoine mondial en péril, malgré l’inquiétude de la communauté scientifique sur la dégradation (1) de cet écosystème unique. Le Comité du patrimoine mondial a décidé de reporter une telle décision, après un lobbying intense de l’Australie qui y était opposée. Il est actuellement réuni en ligne sous la présidence depuis Fuzhou (Chine) de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’Education et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco. »J’aimerais remercier sincèrement les éminents délégués pour avoir reconnu l’engagement de l’Australie envers la protection de la Grande Barrière de corail », a déclaré au Comité la ministre australienne de l’Environnement, Sussan Ley, selon un communiqué.Les membres du Comité, dont la Chine, la Russie ou l’Arabie saoudite, ont estimé que l’Australie devait se voir donner plus de temps pour faire le point sur ses efforts de conservation de la Grande Barrière, inscrite en 1981 au Patrimoine mondial.Ils ont également demandé à l’Unesco d’envoyer une mission d’évaluation sur le site, après les critiques de Canberra reprochant à l’organisation de se reposer sur des rapports existants pour faire ses recommandations.

L’agence des Nations unies avait publié en juin les préconisations (2)de ses experts et organismes consultatifs suggérant que cet écosystème soit rangé sur la liste des sites « en péril » du fait de sa détérioration, pour beaucoup due à la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux, conséquence des bouleversements climatiques.

– Détérioration significative –

Tim Badman, directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), a estimé que la Grande Barrière remplissait « sans ambigüité » les critères pour figurer sur la liste des sites en péril.

« Malgré les efforts majeurs effectués par l’Etat partie, le statut de valeur universelle inestimable de la Grande Barrière de corail et les perspectives de rétablissement se sont tous deux détériorés de manière significative », a-t-il dit.

Pour David Ritter, directeur de la branche Australie Pacifique de l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace, la décision de l’Unesco représente une « victoire pour l’un des lobbying les plus cyniques (3)de l’histoire récente ».

« Ce n’est pas un succès, c’est un jour d’infamie (4) pour le gouvernement australien », a-t-il estimé.

Une telle inscription n’est pas considérée comme une sanction par l’Unesco. Certains pays y voient même un moyen de sensibiliser la communauté internationale et de contribuer à la sauvegarde (5) de leur patrimoine.

Mais l’Australie percevait (6) cette éventualité comme une gifle, redoutant que cela n’entame l’attrait touristique de l’ensemble corallien qui s’étend sur 2.300 km et génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien.

Mme Ley s’était rendue à Paris plus tôt en juillet pour faire campagne auprès des pays siégeant (7)au Comité. Canberra était allé jusqu’à emmener des ambassadeurs plonger sur la Grande Barrière et 12 des 21 Etats membres du Comité avaient proposé de reporter la décision à 2023.

En 2015, l’Australie avait déjà obtenu un sursis (8)au terme d’une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d’investissements pour protéger les récifs.

Mais depuis lors, l’ensemble a durement souffert du fait de trois épisodes très graves de blanchissement des coraux.

Le blanchissement est un phénomène de dépérissement(9) qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau -conséquence du réchauffement climatique- qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.

Les scientifiques du gouvernement australien ont affirmé que de nombreux récifs montraient des signes de rétablissement  (10) ces derniers temps, tout en reconnaissant que les perspectives d’avenir pour l’ensemble corallien étaient très mauvaises.

– « Couronne d’épines » –

Deux tiers de la Grande Barrière sont estimés comme ayant souffert d’une manière ou d’une autre. Outre le réchauffement ou les cyclones, elle est menacée par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive.

L’acanthaster planci -surnommée « couronne d’épines » ou plus facétieusement « coussin de belle-mère »- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l’homme.

Dans ses recommandations, l’Unesco accusait l’Australie de n’avoir pas atteint ses objectifs en termes de qualité de l’eau et s’en prenait au mauvais bilan australien en matière climatique.

Le gouvernement conservateur australien essuie des critiques croissantes pour ne pas s’être fixé l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le Premier ministre Scott Morrison avait affirmé que le pays espérait l’atteindre « dès que possible ». L’Australie est l’un des principaux exportateurs mondiaux de charbon (11) et de gaz naturel.

VOCABULAIRE:
1 une dégradation: a damage
2 les préconisations: the recommendations
3 cynique : cynical
4 une infamie : a dishonor
5 la sauvegarde : the protection
6 percevoir : to conceive
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9 un dépérissement : a decline
10 des signes de rétablissement : signs of recovery
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Australia on Friday avoided having the Great Barrier Reef listed as an endangered world heritage site by UNESCO, despite extensive climate change-fuelled damage to the ecosystem’s corals.After a concerted lobbying effort by Canberra, members of the World Heritage Committee — including leading fossil fuel producers Russia and Saudi Arabia — voted to give Australian conservation efforts more time.The group brushed aside UNESCO experts’ recommendation that the reef’s World Heritage status be downgraded because of dramatic coral decline, instead telling Australia to report on the reef’s status by 2022.The 2,300-kilometre-long (1,400-mile-long) ecosystem has suffered three mass coral bleaching events since 2016, caused by rising ocean temperatures due to global warming.

Areas once teeming with vibrant corals have become lifeless washed-out wastelands, and two-thirds of the reef is believed to have been damaged in some way.

Despite the damage, the reef remains a vital tourist draw for Australia, which had feared an « in danger » label could deter post-pandemic visitors.

Australia’s environment minister Sussan Ley had flown to Paris earlier this month to personally lobby member states on the committee, while key ambassadors were invited on a reef snorkelling trip.

On Friday, Ley welcomed the decision, thanking « esteemed delegates for recognising Australia’s commitment to protecting the Great Barrier Reef ».

– ‘Day of infamy’ –

Environmental groups decried the decision as a political stitch-up.

« This is a victory for one of the most cynical lobbying efforts in recent history, » said Greenpeace Australia Pacific CEO David Ritter.

« This is not an achievement — it is a day of infamy for the Australian government. »

A decision on the reef’s status had already been postponed from 2015, when Australia successfully waged a similar diplomatic campaign and committed billions of dollars to reef protection.

« This is history repeating itself, » said Climate Council spokesman Will Steffen.

« Australia must stop censoring science, and start taking the steps we know are required to help protect the reef, » he added.

Though Australian government scientists say corals have shown signs of recovery in the past 12 months, they admit the reef’s long-term outlook remains « very poor ».

As well as coral bleaching, the reef is also susceptible to damage from cyclones and outbreaks of crown-of-thorns starfish, which eat the coral.

UNESCO had accused Australia of failing to meet key water quality and land management targets, while also taking aim at the country’s conservative government for its lacklustre climate efforts.

Canberra is facing growing international criticism for refusing to commit to net zero emissions by 2050.

The government has said it hopes to meet the target « as soon as possible » without harming the country’s fossil fuel-reliant economy.

The World Heritage Committee asked UNESCO to send a monitoring mission to inspect the reef, after Canberra criticised the agency for relying on existing reports to make its recommendation.

The decision comes after Venice also dodged the endangered list on Thursday, following Italy’s move to ban large cruise ships from sailing into the city centre.

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L’agence des Nations unies avait publié en juin les préconisations (2)de ses experts et organismes consultatifs suggérant que cet écosystème soit rangé sur la liste des sites « en péril » du fait de sa détérioration, pour beaucoup due à la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux, conséquence des bouleversements climatiques.

– Détérioration significative –

Tim Badman, directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), a estimé que la Grande Barrière remplissait « sans ambigüité » les critères pour figurer sur la liste des sites en péril.

« Malgré les efforts majeurs effectués par l’Etat partie, le statut de valeur universelle inestimable de la Grande Barrière de corail et les perspectives de rétablissement se sont tous deux détériorés de manière significative », a-t-il dit.

Pour David Ritter, directeur de la branche Australie Pacifique de l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace, la décision de l’Unesco représente une « victoire pour l’un des lobbying les plus cyniques (3)de l’histoire récente ».

« Ce n’est pas un succès, c’est un jour d’infamie (4) pour le gouvernement australien », a-t-il estimé.

Une telle inscription n’est pas considérée comme une sanction par l’Unesco. Certains pays y voient même un moyen de sensibiliser la communauté internationale et de contribuer à la sauvegarde (5) de leur patrimoine.

Mais l’Australie percevait (6) cette éventualité comme une gifle, redoutant que cela n’entame l’attrait touristique de l’ensemble corallien qui s’étend sur 2.300 km et génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien.

Mme Ley s’était rendue à Paris plus tôt en juillet pour faire campagne auprès des pays siégeant (7)au Comité. Canberra était allé jusqu’à emmener des ambassadeurs plonger sur la Grande Barrière et 12 des 21 Etats membres du Comité avaient proposé de reporter la décision à 2023.

En 2015, l’Australie avait déjà obtenu un sursis (8)au terme d’une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d’investissements pour protéger les récifs.

Mais depuis lors, l’ensemble a durement souffert du fait de trois épisodes très graves de blanchissement des coraux.

Le blanchissement est un phénomène de dépérissement(9) qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau -conséquence du réchauffement climatique- qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.

Les scientifiques du gouvernement australien ont affirmé que de nombreux récifs montraient des signes de rétablissement  (10) ces derniers temps, tout en reconnaissant que les perspectives d’avenir pour l’ensemble corallien étaient très mauvaises.

– « Couronne d’épines » –

Deux tiers de la Grande Barrière sont estimés comme ayant souffert d’une manière ou d’une autre. Outre le réchauffement ou les cyclones, elle est menacée par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive.

L’acanthaster planci -surnommée « couronne d’épines » ou plus facétieusement « coussin de belle-mère »- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l’homme.

Dans ses recommandations, l’Unesco accusait l’Australie de n’avoir pas atteint ses objectifs en termes de qualité de l’eau et s’en prenait au mauvais bilan australien en matière climatique.

Le gouvernement conservateur australien essuie des critiques croissantes pour ne pas s’être fixé l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le Premier ministre Scott Morrison avait affirmé que le pays espérait l’atteindre « dès que possible ». L’Australie est l’un des principaux exportateurs mondiaux de charbon (11) et de gaz naturel.

VOCABULAIRE:
1 une dégradation: a damage
2 les préconisations: the recommendations
3 cynique : cynical
4 une infamie : a dishonor
5 la sauvegarde : the protection
6 percevoir : to conceive
7 siéger : to sit
8 un sursis : a reprieve
9 un dépérissement : a decline
10 des signes de rétablissement : signs of recovery
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Australia on Friday avoided having the Great Barrier Reef listed as an endangered world heritage site by UNESCO, despite extensive climate change-fuelled damage to the ecosystem’s corals.After a concerted lobbying effort by Canberra, members of the World Heritage Committee — including leading fossil fuel producers Russia and Saudi Arabia — voted to give Australian conservation efforts more time.The group brushed aside UNESCO experts’ recommendation that the reef’s World Heritage status be downgraded because of dramatic coral decline, instead telling Australia to report on the reef’s status by 2022.The 2,300-kilometre-long (1,400-mile-long) ecosystem has suffered three mass coral bleaching events since 2016, caused by rising ocean temperatures due to global warming.

Areas once teeming with vibrant corals have become lifeless washed-out wastelands, and two-thirds of the reef is believed to have been damaged in some way.

Despite the damage, the reef remains a vital tourist draw for Australia, which had feared an « in danger » label could deter post-pandemic visitors.

Australia’s environment minister Sussan Ley had flown to Paris earlier this month to personally lobby member states on the committee, while key ambassadors were invited on a reef snorkelling trip.

On Friday, Ley welcomed the decision, thanking « esteemed delegates for recognising Australia’s commitment to protecting the Great Barrier Reef ».

– ‘Day of infamy’ –

Environmental groups decried the decision as a political stitch-up.

« This is a victory for one of the most cynical lobbying efforts in recent history, » said Greenpeace Australia Pacific CEO David Ritter.

« This is not an achievement — it is a day of infamy for the Australian government. »

A decision on the reef’s status had already been postponed from 2015, when Australia successfully waged a similar diplomatic campaign and committed billions of dollars to reef protection.

« This is history repeating itself, » said Climate Council spokesman Will Steffen.

« Australia must stop censoring science, and start taking the steps we know are required to help protect the reef, » he added.

Though Australian government scientists say corals have shown signs of recovery in the past 12 months, they admit the reef’s long-term outlook remains « very poor ».

As well as coral bleaching, the reef is also susceptible to damage from cyclones and outbreaks of crown-of-thorns starfish, which eat the coral.

UNESCO had accused Australia of failing to meet key water quality and land management targets, while also taking aim at the country’s conservative government for its lacklustre climate efforts.

Canberra is facing growing international criticism for refusing to commit to net zero emissions by 2050.

The government has said it hopes to meet the target « as soon as possible » without harming the country’s fossil fuel-reliant economy.

The World Heritage Committee asked UNESCO to send a monitoring mission to inspect the reef, after Canberra criticised the agency for relying on existing reports to make its recommendation.

The decision comes after Venice also dodged the endangered list on Thursday, following Italy’s move to ban large cruise ships from sailing into the city centre.

However, Liverpool’s waterfront was deleted from the list entirely, amid concerns about overdevelopment, including plans for a new football stadium.

L’Australie a évité vendredi que l’Unesco inscrive la Grande Barrière de corail sur sa liste des sites du Patrimoine mondial en péril, malgré l’inquiétude de la communauté scientifique sur la dégradation (1) de cet écosystème unique. Le Comité du patrimoine mondial a décidé de reporter une telle décision, après un lobbying intense de l’Australie qui y était opposée. Il est actuellement réuni en ligne sous la présidence depuis Fuzhou (Chine) de Tian Xuejun, vice-ministre chinois de l’Education et président de la Commission nationale chinoise pour l’Unesco. »J’aimerais remercier sincèrement les éminents délégués pour avoir reconnu l’engagement de l’Australie envers la protection de la Grande Barrière de corail », a déclaré au Comité la ministre australienne de l’Environnement, Sussan Ley, selon un communiqué.Les membres du Comité, dont la Chine, la Russie ou l’Arabie saoudite, ont estimé que l’Australie devait se voir donner plus de temps pour faire le point sur ses efforts de conservation de la Grande Barrière, inscrite en 1981 au Patrimoine mondial.Ils ont également demandé à l’Unesco d’envoyer une mission d’évaluation sur le site, après les critiques de Canberra reprochant à l’organisation de se reposer sur des rapports existants pour faire ses recommandations.

L’agence des Nations unies avait publié en juin les préconisations (2)de ses experts et organismes consultatifs suggérant que cet écosystème soit rangé sur la liste des sites « en péril » du fait de sa détérioration, pour beaucoup due à la récurrence des épisodes de blanchissement des coraux, conséquence des bouleversements climatiques.

– Détérioration significative –

Tim Badman, directeur du Programme du Patrimoine mondial à l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature), a estimé que la Grande Barrière remplissait « sans ambigüité » les critères pour figurer sur la liste des sites en péril.

« Malgré les efforts majeurs effectués par l’Etat partie, le statut de valeur universelle inestimable de la Grande Barrière de corail et les perspectives de rétablissement se sont tous deux détériorés de manière significative », a-t-il dit.

Pour David Ritter, directeur de la branche Australie Pacifique de l’organisation de défense de l’environnement Greenpeace, la décision de l’Unesco représente une « victoire pour l’un des lobbying les plus cyniques (3)de l’histoire récente ».

« Ce n’est pas un succès, c’est un jour d’infamie (4) pour le gouvernement australien », a-t-il estimé.

Une telle inscription n’est pas considérée comme une sanction par l’Unesco. Certains pays y voient même un moyen de sensibiliser la communauté internationale et de contribuer à la sauvegarde (5) de leur patrimoine.

Mais l’Australie percevait (6) cette éventualité comme une gifle, redoutant que cela n’entame l’attrait touristique de l’ensemble corallien qui s’étend sur 2.300 km et génère 4,8 milliards de dollars de revenus pour le secteur touristique australien.

Mme Ley s’était rendue à Paris plus tôt en juillet pour faire campagne auprès des pays siégeant (7)au Comité. Canberra était allé jusqu’à emmener des ambassadeurs plonger sur la Grande Barrière et 12 des 21 Etats membres du Comité avaient proposé de reporter la décision à 2023.

En 2015, l’Australie avait déjà obtenu un sursis (8)au terme d’une campagne de lobbying similaire et en promettant des milliards de dollars d’investissements pour protéger les récifs.

Mais depuis lors, l’ensemble a durement souffert du fait de trois épisodes très graves de blanchissement des coraux.

Le blanchissement est un phénomène de dépérissement(9) qui se traduit par une décoloration. Il est provoqué par la hausse de la température de l’eau -conséquence du réchauffement climatique- qui entraîne l’expulsion des algues symbiotiques qui donnent au corail sa couleur vive.

Les scientifiques du gouvernement australien ont affirmé que de nombreux récifs montraient des signes de rétablissement  (10) ces derniers temps, tout en reconnaissant que les perspectives d’avenir pour l’ensemble corallien étaient très mauvaises.

– « Couronne d’épines » –

Deux tiers de la Grande Barrière sont estimés comme ayant souffert d’une manière ou d’une autre. Outre le réchauffement ou les cyclones, elle est menacée par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l’acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive.

L’acanthaster planci -surnommée « couronne d’épines » ou plus facétieusement « coussin de belle-mère »- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l’homme.

Dans ses recommandations, l’Unesco accusait l’Australie de n’avoir pas atteint ses objectifs en termes de qualité de l’eau et s’en prenait au mauvais bilan australien en matière climatique.

Le gouvernement conservateur australien essuie des critiques croissantes pour ne pas s’être fixé l’objectif de la neutralité carbone à l’horizon 2050.

Le Premier ministre Scott Morrison avait affirmé que le pays espérait l’atteindre « dès que possible ». L’Australie est l’un des principaux exportateurs mondiaux de charbon (11) et de gaz naturel.

VOCABULAIRE:
1 une dégradation: a damage
2 les préconisations: the recommendations
3 cynique : cynical
4 une infamie : a dishonor
5 la sauvegarde : the protection
6 percevoir : to conceive
7 siéger : to sit
8 un sursis : a reprieve
9 un dépérissement : a decline
10 des signes de rétablissement : signs of recovery
11 le charbon : the coal

In English:

Great Barrier Reef avoids UNESCO ‘in danger’ listing

Australia on Friday avoided having the Great Barrier Reef listed as an endangered world heritage site by UNESCO, despite extensive climate change-fuelled damage to the ecosystem’s corals.After a concerted lobbying effort by Canberra, members of the World Heritage Committee — including leading fossil fuel producers Russia and Saudi Arabia — voted to give Australian conservation efforts more time.The group brushed aside UNESCO experts’ recommendation that the reef’s World Heritage status be downgraded because of dramatic coral decline, instead telling Australia to report on the reef’s status by 2022.The 2,300-kilometre-long (1,400-mile-long) ecosystem has suffered three mass coral bleaching events since 2016, caused by rising ocean temperatures due to global warming.

Areas once teeming with vibrant corals have become lifeless washed-out wastelands, and two-thirds of the reef is believed to have been damaged in some way.

Despite the damage, the reef remains a vital tourist draw for Australia, which had feared an « in danger » label could deter post-pandemic visitors.

Australia’s environment minister Sussan Ley had flown to Paris earlier this month to personally lobby member states on the committee, while key ambassadors were invited on a reef snorkelling trip.

On Friday, Ley welcomed the decision, thanking « esteemed delegates for recognising Australia’s commitment to protecting the Great Barrier Reef ».

– ‘Day of infamy’ –

Environmental groups decried the decision as a political stitch-up.

« This is a victory for one of the most cynical lobbying efforts in recent history, » said Greenpeace Australia Pacific CEO David Ritter.

« This is not an achievement — it is a day of infamy for the Australian government. »

A decision on the reef’s status had already been postponed from 2015, when Australia successfully waged a similar diplomatic campaign and committed billions of dollars to reef protection.

« This is history repeating itself, » said Climate Council spokesman Will Steffen.

« Australia must stop censoring science, and start taking the steps we know are required to help protect the reef, » he added.

Though Australian government scientists say corals have shown signs of recovery in the past 12 months, they admit the reef’s long-term outlook remains « very poor ».

As well as coral bleaching, the reef is also susceptible to damage from cyclones and outbreaks of crown-of-thorns starfish, which eat the coral.

UNESCO had accused Australia of failing to meet key water quality and land management targets, while also taking aim at the country’s conservative government for its lacklustre climate efforts.

Canberra is facing growing international criticism for refusing to commit to net zero emissions by 2050.

The government has said it hopes to meet the target « as soon as possible » without harming the country’s fossil fuel-reliant economy.

The World Heritage Committee asked UNESCO to send a monitoring mission to inspect the reef, after Canberra criticised the agency for relying on existing reports to make its recommendation.

The decision comes after Venice also dodged the endangered list on Thursday, following Italy’s move to ban large cruise ships from sailing into the city centre.

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Tags: Grande Barrière de Corailunesco
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