Julie Bierry, c’est l’exemple typique d’une « success story », comme on se plaît à l’appeler en Australie. Elle grandit et étudie en France, se lance dans un BTS assistante de direction qui l’ennuie à mourir. Des problèmes personnels s’y ajoutent, elle décide d’abandonner. Perdue, elle prend un aller simple pour l’Australie, Working Holiday Visa et quelques euros en poche, déterminée à apprendre l’Anglais et à se trouver. Comme beaucoup de backpackers, elle alterne voyages et petits boulots dans la restauration. Puis, elle décide de se lancer, vraiment. Après de nouvelles études, des heures de networking et bien d’autres péripéties, Julie crée la première agence de visa entièrement française à Melbourne, Study Destination. Désormais l’une des plus influentes de la ville, elle compte maintenant six employés. Rencontre avec une battante.
Lorsque nous poussons la porte de Study Destination pour la rencontrer, nous découvrons une jeune femme aussi accueillante que ses locaux colorés et modernes. Pas besoin de connaître son parcours pour sentir qu’elle déborde d’énergie. Après avoir salué son équipe, composée de Français mais aussi d’une Italienne et d’une Anglaise, nous nous rendons dans un café dissimulé à quelques rues de là. A peine entrées, une serveuse nous aborde, et sans surprise, salue Julie. Nous avions déjà fait la connaissance de Julie quelques mois plus tôt, à une conférence à destination des entrepreneurs, dans laquelle elle parlait de son parcours avec un accent français à couper au couteau, qu’elle revendiquait fièrement. Au delà de sa persévérance, c’est sa sociabilité incroyable qui nous avait frappés : très à l’écoute tout en étant bavarde, Julie n’avait aucun mal à tisser des liens avec chaque membre de l’assistance.
Un parcours du combattant
Nous voilà assises autour d’un café au lait d’avoine, recommandé par Julie, habituée des lieux. Tout sourire, voix un peu enrouée par la météo schizophrène de Melbourne, elle nous raconte son histoire. « Je suis arrivée en Australie en février 2012, à 21 ans. Avant ça, j’avais étudié un BTS assistante de direction en alternance à temps plein qui ne me plaisait pas du tout. J’ai eu des problèmes personnels, j’ai arrêté mes études. Je ne savais pas quoi faire. J’avais travaillé dans la restauration pendant quelques années et je voulais apprendre l’Anglais, j’ai alors décidé de me lancer dans l’aventure australienne« . Elle pose les pieds sur l’île-continent avec très peu d’argent en poche, la sillonne pendant un an puis rentre en France à la fin de son Work Holiday Visa. Mais elle retrouve au retour toutes les raisons qui l’ont poussée à partir. Elle a le mal du pays. Elle repart, cette fois en visa étudiant pour apprendre l’Anglais dans une école. « Je me suis pris des claques, je vivais avec très peu d’argent« . Julie se rend compte qu’elle a toujours été intéressée par le commerce, suis alors des cours de Business Management pendant deux ans en Australie tout en travaillant dans la restauration. Les études lui donnent confiance, elle enchaîne les rendez-vous de networking et parle à tout le monde de sa recherche de travail. Sa sociabilité et sa persévérance finissent par payer : une femme la prend sous son aile et l’engage en tant que Marketing Officer dans une école privée pour les étudiants internationaux. Beaucoup de Français viennent la voir, la demande est forte; c’est le moment ou jamais de créer une agence pour y répondre. Une amie lui loue un bureau dans son immeuble lui permettant de lancer son projet tout en gardant un emploi à mi-temps. La jeune femme informe les Français sur les différentes possibilités d’écoles en Australie, les conseille et les accompagne tout en effectuant gratuitement les formalités de demande de visa pour eux. Alors qu’elle commence à se faire une réputation, Julie tombe enceinte. Manquant de revenus pour employer quelqu’un, elle décide de revendre son entreprise à une agence de voyage chinoise après un an et demie de bons et loyaux services.
Mais elle n’a pas dit son dernier mot : un an plus tard, elle remonte son agence, cette fois avec plus de fonds et embauche Mégane Foltier, sa première employée et coéquipière. Le début d’un long et sinueux voyage, qui pourtant, portera ses fruits, « je pleurais tous les jours au début, c’était très dur mais j’y ai cru« . En 2020, l’agence qui emploie 6 personnes est l’une des plus populaires de la ville, et n’a de cesse d’évoluer.
Dans les coulisses d’une agence d’éducation française en Australie

Si Mégane a désormais quitté Study Destination après plusieurs années de travail aux côtés de Julie, l’équipe n’a pas cessé de s’agrandir, tout comme l’agence, qui vise maintenant le marché européen. Avec Elise et Martina, qui viennent respectivement de l’Angleterre et de l’Italie, et bientôt un employé dévoué à l’Espagne, l’agence a encore de beaux jours devant elle, mais ne se contente pas de se restreindre aux formalités de visa. « Ce qui est important pour nous c’est d’aider les gens, de les conseiller en fonction de leurs besoins. Nous faisons preuve d’une attention personnelle pour chacun des futurs étudiants, nous les interrogeons sur leur carrière, leurs projets, pour les orienter au mieux. Il faut prendre le temps de les soutenir correctement, de les coacher, de voir ensemble ce que peut réserver le futur« . Chez Study Destination, l’étudiant sera donc conseillé gratuitement sur les écoles qui lui conviennent le mieux, puis, toujours pour 0 dollars se verra obtenir son visa sans aucun effort, puisque toutes formalités auront été prises en compte par l’agence (mis à part, bien sûr, le coût normal du visa, de l’assurance etc). Un service gratuit permis par les écoles, qui rémunèrent l’agence à chaque fois qu’elle effectue un visa étudiant.
Mais ce n’est pas tout: l’entreprise propose aussi des événements de networking, des apéros entre Français ou expats, des ateliers pour réaliser un CV à l’Australienne… pousser la porte de Study Destination, c’est un peu comme entrer dans une nouvelle communauté.
Plus tard, Julie voudrait étendre cette communauté à d’autres villes australiennes et d’autres continents, en aidant les Européens à réaliser leur visa pour le Canada, mais aussi en créant une association pour aider les enfants démunis, qui impliquerait les étudiants internationaux.
A la fin de notre entretien, lorsque nous lui demandons ce qu’elle recommanderait à quelqu’un qui souhaite lancer son entreprise, les mots fusent avec conviction et enthousiasme. « Il faut s’accrocher pour monter un business, croire à son projet. Se rappeler que c’est dur mais faisable avec beaucoup de persévérance. Mais surtout il faut collaborer : s’ouvrir, aider les autres. Si tu les aide, ils t’aideront en retour. Le tout est de s’entourer des bonnes personnes« . Difficile de ne pas se laisser contaminer par son énergie débordante. A vous !
Elise Mesnard
Crédit photos : fournies par Study Destination
Study Destination – Ouvert du lundi au vendredi de 9h30 à 18h – Level 1/29 Sutherland St, Melbourne VIC 3000 – (03) 9939 1711. Pour plus d’informations, cliquez ICI et ICI
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