Le Centre franco-australien pour la transition énergétique (FACET) a le plaisir d’annoncer les six premiers bénéficiaires de la bourse FACET 2024, marquant ainsi une étape importante pour favoriser les projets collaboratifs de transition énergétique entre la France et l’Australie. Cette initiative bénéficie du soutien financier des gouvernements français et australien, qui s’engagent chacun à hauteur d’un million d’euros et d’un million de dollars australiens par an au cours des quatre prochaines années.
Ce partenariat à grande échelle est un exemple sans précédent de l’engagement commun de la France et de l’Australie à faire progresser leur feuille de route bilatérale en faveur du développement durable et d’un avenir plus vert. Pour la seule année 2024, FACET a déjà investi 3,5 millions de dollars australiens, avec des co-investissements supplémentaires de la part des partenaires du projet, ce qui souligne la valeur du centre pour les entreprises françaises et australiennes. Cette initiative intervient à un moment où la transition énergétique revêt une importance économique et politique croissante, soulignant la nécessité d’une coopération internationale pour relever les défis énergétiques critiques.
Le 28 octobre, lors du symposium inaugural qui s’est tenu à Melbourne, les six projets approuvés par le comité de pilotage de FACET ont été officiellement annoncés. Ces initiatives comprennent deux programmes stratégiques destinés à promouvoir l’adoption de solutions innovantes par les startups et à préparer la future main-d’œuvre dans le domaine de l’énergie, ainsi que quatre bourses de recherche appliquée visant à développer de nouveaux démonstrateurs franco-australiens à l’échelle industrielle.
Cette année, FACET a élargi son programme à sept nouveaux partenaires académiques en Australie et en France : Université de Sydney, Université de Victoria, Université de Flinders et Université d’Adélaïde, ainsi que des institutions françaises : Institut de chimie et de science des matériaux de Paris-Est (ICMPE) et le laboratoire CROSSING du CNRS. Ces partenaires rejoignent le noyau dur du centre de recherche et d’innovation du CEA, de l’université Grenoble Alpes et de l’université technologique de Swinburne, afin de renforcer l’expertise au plus haut niveau. En outre, d’autres entreprises ont rejoint FACET, ce qui porte à plus de 20 le nombre d’entreprises pionnières en matière de collaboration industrielle. Ces projets initiaux permettent à FACET d’étendre sa portée au-delà de l’État de Victoria, en Nouvelle-Galles du Sud, au Queensland, en Australie-Méridionale et bientôt en Australie-Occidentale, où une délégation d’experts du CEA, ainsi qu’une mission de Business France sur les minéraux critiques avec 30 entreprises françaises, se rendront dans le cadre de la conférence IMARC à Sydney.

Mise en avant des projets 2024
1. Programme Innovation & Startup :
• Nom du projet : Le programme startup EDF x FACET x Swinburne
Le programme Startup EDF x FACET x Swinburne vise à créer des synergies entre les entreprises françaises et australiennes en facilitant l’adoption de solutions de startups qui répondent aux défis clés de la transition énergétique. Ce programme se concentre sur l’identification et le soutien de projets innovants liés au stockage de l’énergie à long et court terme, aux énergies renouvelables, aux carburants alternatifs verts, à l’hydrogène vert et aux infrastructures de transport. En créant des partenariats avec des acteurs clés du marché, le programme fournira aux startups un soutien commercial et technique essentiel, encourageant la collaboration et favorisant des avancées technologiques durables dans le secteur énergétique australien.
James Katsikas, directeur général d’EDF Australie, a souligné l’importance de ce partenariat.
« Nous sommes profondément engagés dans la lutte mondiale contre le changement climatique. En tant qu’organisation, nous consacrons chaque année 1 milliard de dollars à la recherche et au développement afin de rester à la pointe de l’innovation en matière d’énergie. Ce partenariat nous permet de combiner cette expertise mondiale avec l’innovation locale afin de travailler avec des startups dynamiques et de trouver des solutions nouvelles et efficaces qui peuvent accélérer la transition énergétique de l’Australie. En associant notre expertise mondiale à l’innovation locale, nous visons à stimuler le développement de technologies de pointe qui feront une différence durable. En tant que membre du groupe EDF, géant français de l’énergie, notre réseau mondial vise à fournir aux jeunes entreprises un soutien commercial et technique essentiel, en encourageant la collaboration et en favorisant des avancées technologiques durables. En fin de compte, notre investissement dans ce programme nous aidera à obtenir de meilleurs résultats dans les projets d’infrastructure que nous développons dans toute l’Australie.dans le secteur énergétique australien. Les start-ups auront accès à notre solide portefeuille de centres d’innovation R&D qui favorisent les avancées en matière de transition énergétique et de durabilité, notamment l’EDF Lab Paris-Saclay, un pôle de recherche de classe mondiale en France axé sur l’énergie à faible émission de carbone et les villes intelligentes. »
L’urgence de la crise climatique est plus évidente que jamais, soulignant le besoin de solutions diverses pour réduire les émissions de carbone dans toutes les industries. Si les projets d’énergie renouvelable à grande échelle sont cruciaux, un éventail plus large d’approches innovantes est essentiel pour décarboniser complètement l’économie.
Le professeur Allison Kealy, directeur de l’Innovative Planet Research Institute de Swinburne et codirecteur de FACET, a souligné l’importance de l’innovation et de la collaboration pour relever les défis énergétiques. « La transition vers un avenir énergétique durable nécessite une réflexion audacieuse et innovante, et des partenariats comme celui-ci jouent un rôle crucial. Cette collaboration nous permettra de tirer parti de notre expertise combinée en matière de commercialisation des technologies pour réaliser des progrès significatifs dans le domaine du stockage et de la transmission de l’énergie, ainsi que dans les efforts de décarbonisation. »
Partenaires : EDF Australia, EDF Lab Asia Pacific, Swinburne University of Technology
2. Programme éducation :
• Nom du projet : FACET Skills Roadmap for the Clean Economy (Feuille de route des compétences pour l’économie propre)
La feuille de route FACET sur les compétences pour l’économie propre permettra d’évaluer les capacités de la France et de l’Australie à se préparer aux exigences du futur marché de l’énergie. Cette initiative se concentrera sur le développement d’une main-d’œuvre équipée pour relever les défis de la transition énergétique et créer de nouvelles opportunités de croissance dans le secteur de l’énergie propre. Les consultations avec les acteurs clés de l’industrie et les organismes de pointe débuteront en novembre 2024. L’étude s’étendra sur 8 mois et vise à produire des résultats exploitables, offrant des recommandations aux institutions, à l’industrie et au monde universitaire pour planifier efficacement l’avenir.
Partenaires : Université de technologie de Swinburne, CEA/INSTN, Université de Grenoble-Alpes
3. Développement de la production d’efuel
• Nom du projet : Étude pré-FEED pour une usine de démonstration de carburants verts H2/CO2 en Australie
Downer et le CEA collaborent avec le Centre franco-australien pour la transition énergétique (FACET) sur une étude pré-FEED (front end engineering design), pour construire une usine de démonstration à l’échelle commerciale en Australie, produisant des carburants synthétiques (eFuels) pour les secteurs maritime et aéronautique.
L’équipe travaillera avec les partenaires fondateurs de FACET, notamment le centre de recherche et d’innovation CEA, l’institution hôte australienne, Swinburne University of Technology, l’Université Grenoble-Alpes, ainsi que les entreprises « First Movers » de FACET, notamment Airbus, CMA CGM et Safran, sur l’étude.
D’une durée de huit mois, le projet s’appuiera sur l’expertise de Downer en matière d’architecture de solutions, de gestion d’actifs et sur des décennies d’expérience dans les secteurs industriels et de production d’énergie en Australie pour développer le design conceptuel de l’usine eFuels.
Partenaires : Downer, CEA, Université de Sydney, Université d’Adélaïde, H²potential
Selon Murray Richards, Executive General Manager – Industrial & Power Generation, Downer , « la transition énergétique est un défi complexe qui nécessite collaboration et innovation. En travaillant en étroite collaboration avec les universités, les instituts de recherche et l’industrie, nous pouvons débloquer des solutions pratiques qui ont un impact réel.Avec des décennies d’expertise dans l’architecture de solutions, la gestion d’actifs, les services industriels et la production d’énergie, Downer est fier de jouer un rôle clé dans ce projet avec FACET. Les eFuels représentent une pièce essentielle du puzzle de la réduction des émissions dans des secteurs difficiles à décarboniser comme le maritime et l’aviation. Cette initiative reflète notre engagement en faveur de solutions pratiques et tournées vers l’avenir, qui contribuent à créer des lendemains plus durables ».
4. Le réseau éléctrique du future
• Nom du projet : Amélioration de la réponse à la demande transactive et de l’évaluation de la capacité d’hébergement pour les micro-réseaux communautaires
Ce projet vise à faire progresser les systèmes de réponse à la demande transactive (TDR) pour les bâtiments thermiquement adaptatifs électrifiés intégrés dans les micro-réseaux communautaires pour les enveloppes d’exploitation dynamiques (DOE) et les évaluations de la capacité d’hébergement (HC). S’appuyant sur des collaborations antérieures avec l’Université de Swinburne, l’Université de Victoria, le CSIRO et le CEA Smart Grid Laboratory, le projet développera un système robuste d’optimisation du marché de l’énergie et des systèmes adaptatifs de gestion des bâtiments qui réagissent de manière dynamique aux conditions du réseau. Grâce à la mise en œuvre de technologies de pointe telles que les micro-unités de mesure de phase (micro-PMU), le projet renforcera la surveillance de la qualité de l’énergie et améliorera les performances des systèmes de gestion des bâtiments, les performances thermiques des bâtiments et la résilience du réseau. L’objectif de ce projet est de développer un système de gestion intelligente de l’énergie qui optimise la distribution de l’énergie et soutient une infrastructure de réseau résiliente et des systèmes énergétiques de bâtiment plus durables et efficaces. Ce travail aura des implications considérables pour les marchés de l’énergie australien et européen, et contribuera de manière significative à la transition énergétique mondiale et à l’électrification des bâtiments.
Partenaires : Université de technologie de Swinburne, CSIRO, CEA Smart Grid Laboratory
• Nom du projet : Human-Centred AI for Complex Energy Systems (IA centrée sur l’humain pour les systèmes énergétiques complexes)
À mesure que le monde s’éloigne des combustibles fossiles pour l’approvisionnement en électricité, les réseaux conventionnels doivent évoluer pour faciliter l’intégration de multiples sources d’énergie renouvelable. L’un des principaux défis de cette transition est de trouver des moyens de faire face à la variabilité croissante de la production (basée sur les énergies renouvelables). Pour assurer la stabilité du réseau, il sera nécessaire de disposer d’une « contrôlabilité » suffisante de la consommation afin qu’elle puisse mieux « suivre » la production (en supposant qu’une partie du flux d’énergie puisse être stockée). Un élément clé de ce défi est l’amélioration de la flexibilité et de l’engagement des utilisateurs finaux. À cette fin, un consortium de chercheurs travaillera en partenariat avec des acteurs de l’industrie pour créer des interactions efficaces et résilientes entre les modèles de contrôle et de prévision de l’IA/ML et les humains, afin de gérer efficacement des réseaux énergétiques complexes. Notre approche combine les facteurs humains, l’IA et les techniques de ML pour mieux modéliser la consommation. Les cadres sociotechniques qui soutiennent le développement de la confiance dans cette équipe joueront un rôle clé dans son succès. Les résultats de cette recherche devraient faire progresser l’instanciation des systèmes de gestion pour soutenir des réseaux plus résilients grâce à une modélisation et un contrôle basé sur les données.
Le professeur Anton Middelberg, vice-chancelier adjoint et vice-président (recherche) de l’université d’Adélaïde, s’est félicité du financement du FACET. « Cette collaboration démontre l’engagement continu de l’Université d’Adélaïde à fournir une recherche de classe mondiale dans le domaine de l’intelligence artificielle qui vise à soutenir un avenir plus durable », a déclaré le professeur Middelberg. « Je félicite notre équipe pour le début de sa collaboration avec l’Université Grenoble-Alpes. Les liens noués dans le cadre de cet accord auront un impact mondial ».
Partenaires : Université d’Adélaïde (y compris le Andy Thomas Centre for Space Resources et l’Australian Institute of Machine Learning), Université de Grenoble-Alpes, CEA Smart Grids Laboratory, Centre national français de la recherche scientifique (laboratoire CROSSING du CNRS).
5. Batteries du futur
Nom du projet : Batteries hybrides à polymère aqueux
Le projet Aqueous Polymer Hybrid Batteries for Future Sustainable Energy Storage propose trois solutions innovantes pour développer la prochaine génération de batteries rechargeables. Deux instituts français (ICMPE et CEA) et un institut australien (Flinders University) travailleront ensemble pour atteindre ce but à travers trois objectifs : (i) remplacer les cathodes métalliques par des polymères radicaux organiques (ORP) afin de minimiser la dépendance aux métaux critiques et stratégiques tels que le lithium et le cobalt ; (ii) passer des électrolytes organiques aux électrolytes aqueux afin d’éliminer les solvants toxiques et inflammables, conférant à la production et au fonctionnement des batteries une grande sécurité ; et (iii) utiliser des matériaux abondants et sans danger pour l’environnement tels que le zinc, le magnésium et le calcium afin d’atténuer la pénurie de ressources et de relever les défis économiques et écologiques dans le domaine du stockage de l’énergie. L’équipe révélera le mécanisme de stockage de ces nouvelles batteries hybrides et optimisera leurs performances à l’aide de techniques avancées. Le consortium produira des prototypes de batteries polymères/hybrides (100 mAh, 1,2-1,5 V) qui devraient ouvrir la voie à la prochaine génération de solutions de stockage d’énergie respectueuses de l’environnement et remplacer des millions de petits dispositifs énergétiques actuellement dominés par les batteries lithium-ion.
Partenaires : Université Flinders, ICMPE, centre de recherche et d’innovation du CEA
FACET est fier de diriger ces initiatives novatrices, qui associent la recherche de pointe, l’innovation industrielle et le développement de l’enseignement afin d’accélérer la transition vers un avenir énergétique plus propre et plus durable.





















Discussion à ce sujet post