Quand une conversation dans un bar d’un hôtel bruxellois fait planer le doute sur le Brexit

Le gouvernement britannique a démenti mercredi des propos échangés dans un bar par un conseiller de Theresa May sur le Brexit et attrapés au vol par un journaliste, selon lesquels Londres attend le dernier moment pour faire voter le Parlement sur un accord de Brexit.

Selon Olly Robbins, conseiller spécial de la Première ministre pour le Brexit, la stratégie de l’exécutif est d’attendre le dernier moment pour proposer au Parlement britannique de voter sur l’accord de divorce retravaillé, ou de voir le Brexit reporté pour un bon moment.

Ces propos tenus au bar d’un hôtel bruxellois mardi ont été surpris par un journaliste de la chaine ITV qui séjournait dans le même hôtel. Olly Robbins suggère qu’il faudra « faire croire (aux députés), la semaine commençant fin mars, qu’une extension est possible, mais s’ils ne votent pas pour l’accord, la prolongation sera longue », selon ITV.

Il laisse ainsi entendre qu’un vote sur un accord de retrait ne sera pas organisé au Parlement avant le 25 mars, à 4 jours de la date fixée pour le Brexit.

Le ministre chargé du Brexit, Stephen Barclay, a assuré sur la BBC que ces propos ne reflétaient pas la position du gouvernement: « La Première ministre a toujours été claire, nous nous sommes engagés à quitter (l’UE) le 29 mars », a-t-il dit. « Ce n’est dans l’intérêt de personne d’avoir une extension sans aucune certitude », a-t-il ajouté.

Mardi, Theresa May avait réclamé « du temps » aux députés pour obtenir un accord de retrait remanié auprès des dirigeants européens, suite au rejet du texte initial par le parlement britannique. Elle a été accusée de « jouer la montre » par l’opposition.

Keir Starmer, le porte-parole du parti travailliste pour le Brexit, a renouvelé mercredi ces accusations, reprochant à Mme May de « prétendre qu’il y a des progrès » dans les discussions avec Bruxelles.

Le parti travailliste a déposé à la Chambre des communes un amendement qui sera présenté jeudi, visant à obliger le gouvernement à soumettre au vote un accord de retrait avant le 27 février, ou à permettre au Parlement de prendre en main le processus.

AFP

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