L’aventure des Socceroos à la Coupe du monde 2026 s’est terminée vendredi 4 juillet à Dallas, sur la plus cruelle des conclusions : une défaite aux tirs au but 4-2 contre l’Égypte, après un match nul 1-1 au terme des prolongations. Une élimination qui relance un débat de fond sur le style de jeu adopté par Tony Popovic et sur l’avenir de la sélection australienne.
Le match restera dans les mémoires pour une décision de banc aussi surprenante que controversée. À une minute de la fin des prolongations, alors que les tirs au but se profilaient, Popovic a remplacé le gardien Patrick Beach, 22 ans, solide titulaire lors des trois matchs de phase de groupes, par le capitaine Mathew Ryan, pour profiter de son expérience supposée dans l’exercice des penalties. Ryan n’a sauvé aucun tir. L’Égypte a converti ses quatre tentatives. « Je n’avais aucune idée que j’allais être remplacé », a confié Beach après la rencontre. Popovic s’est défendu : « Nous pensions que l’expérience de Maty ferait la différence. Ça n’a pas marché, et nous pouvons en chercher les raisons. »
La polémique ne s’est pas arrêtée là. Le sélectionneur a également fait tirer le jeune Herrington et le défenseur Harry Souttar sur des penaltys décisifs, des choix qui ont laissé les experts perplexes. « Quelqu’un dans le staff aurait dû demander si l’on voulait vraiment confier notre survie en Coupe du monde à un joueur aussi jeune », a estimé un commentateur de renom. C’est finalement Herrington qui a manqué le tir au but décisif. « Le staff m’a fait confiance, j’étais confiant, je savais où je voulais mettre le ballon, malheureusement c’est le football », a-t-il déclaré après la rencontre.
Au-delà des décisions de banc, c’est l’approche tactique de l’ensemble de la campagne qui est remise en question. Steve Georgakis, chercheur spécialiste du football à l’Université de Technologie de Sydney et auteur d’une analyse publiée dans The Conversation, pointe du doigt le style de jeu défensif adopté par Popovic : bloc bas, cinq défenseurs, peu de flair offensif. « Si les Socceroos avaient joué un style expansif, comparable à celui du Canada ou des États-Unis, et avaient été éliminés à ce stade, cela aurait été considéré comme un succès. Mais avec cette approche défensive, le succès impliquait nécessairement d’atteindre un huitième de finale contre l’Argentine. »
Popovic avait pris en main une sélection en difficulté et réussi à la qualifier pour le Mondial, avec un groupe renforcé de jeunes talents comme Nestory Irankunda, auteur du premier but australien contre la Turquie. Malgré ces critiques, Football Australia a confirmé que Popovic restera sélectionneur de l’équipe nationale pour le prochain cycle. Une décision qui ne fait pas l’unanimité, mais qui reflète la volonté de maintenir une continuité dans un projet de long terme centré sur la génération montante.
La question qui se pose désormais est celle du style de jeu que l’Australie veut adopter pour les années à venir : continuer avec un bloc défensif pragmatique, ou embrasser une approche plus ambitieuse, basée sur la possession et le pressing haut, à l’image des meilleures équipes du tournoi.





















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