De plus en plus de Français quittent l’Australie, suivant les recommandations de l’ambassade qui a conseillé à ceux dont le visa expirait dans les prochains mois de rentrer le plus vite possible. Récit d’un retour et d’un transit à Dubai, en temps de pandémie.
Dimanche 22 mars, 3 heures du matin, aéroport de Sydney. Le terminal des départs internationaux est vide, à l’exception d’une allée, celle de la compagnie Emirates. Une longue file se place devant les comptoirs d’enregistrement destinés au vol de 6 heure qui part vers Dubai. L’information est tombée dans la nuit : Emirates va suspendre la plupart de ses vols internationaux à partir du 25 mars, amenuisant encore plus les possibilités de sortie d’Australie pour les étrangers.
Today we made the decision to temporarily suspend most passenger flights by 25 March 2020. SkyCargo operations will continue. This painful but pragmatic move will help Emirates Group preserve business viability and secure jobs worldwide, avoiding cuts. https://t.co/x7Y9XUOaAW 1/5 pic.twitter.com/LyU9CLR4iU
— Emirates Airline (@emirates) March 22, 2020
Dans la file, on trouve majoritairement des Européens qui rentrent chez eux, en transitant par Dubai, un des hubs traditionnels pour les avions en provenance d’Australie. L’ambiance est à la fois au soulagement, celui d’avoir pu trouver un vol, et à la fatigue, après une semaine qui a pu avoir des allures de marathon pour certains. Cette Anglaise qui attend d’enregistrer ses bagages par exemple, est arrivée en Australie 2 jours auparavant. Cependant, avec l’obligation d’auto-isolation des étrangers, elle a pris la décision de repartir au plus vite. « Je n’ai pas les moyens de payer 2 semaines de chambre d’hôtel, puis de voyager. A ce prix-là, autant rentrer chez moi ».
De nombreux jeunes rentrent également chez eux, certains écourtant un échange universitaire, d’autres un working holiday visa. Victorine, étudiante à Sciences Po Lyon en échange à UTS (University of Technology Sydney), a pris sa décision quelques jours auparavant, par peur de rester bloquée en Australie avec les nombreuses fermetures de frontières qui surviennent dans le monde entier. Elle est d’ailleurs soulagée de prendre l’un des derniers vols de la compagnie Emirates.
Peu de contrôles de santé
Après l’enregistrement des bagages, le passage de la sécurité et l’embarquement se font de manière habituelle. Aucun contrôle exceptionnel, aucune prise de température n’ont eu lieu. Beaucoup de passagers du vol portent des masques, mais ils restent en minorité. En revanche, tout le personnel de la compagnie aérienne est équipée de masques et de gants.
A l’arrivée à Dubai, les voyageurs s’empressent de sortir de l’avion car ils sont nombreux à prendre un second vol en direction de l’Europe. Pour ce faire, il faut néanmoins passer de nouveau par les contrôles de sécurité. C’est ici que pour la première fois la température des passagers est vérifiée. Le procédé est très discret : un homme est installé dans le hall avec une caméra thermique devant laquelle tout le monde passe, beaucoup ne l’aperçoivent même pas.
L’avion de 14h50 à destination de Paris, un A380, est plein. A l’arrivée à Roissy, aucune vérification non plus, la France ayant pris le pari de confiner et de ne plus tester.
Fait notable de ce voyage Sydney-Dubai-Paris : à aucune étape les distances de sécurité n’ont été respectées, alors que les aéroports contiennent traditionnellement de nombreuses files, que ce soit pour l’enregistrement, la sécurité, la douane, ou l’embarquement.
En résumé, le plus difficile pour rentrer d’Australie est de trouver un vol, et qu’il ne soit pas annulé. En dehors de cela, le trajet du retour se fait plutôt sans encombre. A souligner cependant : les mesures prises diffèrent selon les aéroports et les compagnies aériennes. Si vous avez eu une expérience différente, vous pouvez en témoigner dans les commentaires.





















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