Depuis son arrivée en Australie il y a 3 ans, Christophe a décidé de donner une toute autre direction à sa carrière en se lançant dans le marketing digital. Il travaille désormais avec des entreprises très diverses, telles que Bausele, More Body mais aussi… Le Courrier Australien ! Nous l’avons interrogé sur son parcours et sur les conditions du marketing digital en pleine crise du COVID-19.
Tu étais ingénieur logiciel dans le bancaire en France, tu as lancé ton agence digitale en Australie. Comment s’est déroulé la transition entre les deux ?
Je suis arrivé en Australie en août 2017 avec ma femme chercheuse… je me suis dit que quitte à changer de vie, autant changer de métier ! J’ai donc appris le marketing digital depuis mon canapé en Australie, je me suis mis à mon compte dans le e-commerce et j’ai investi dans des entreprises. J’ai d’abord créé un site, Le Shop Beauté, regroupant plus de 300 produits qui facilitent la vie des femmes. Pour l’anecdote, je voulais au départ l’appeler « Ohmyrobe » mais je me suis aperçu que le nom avait déjà été déposé !
Puis, je me suis lancé dans la création de mon agence digitale, loudachris.com.au, ce qui m’a notamment permis de rencontrer Bausele, mon premier client pour lequel j’ai ouvert le marché français et qui m’a depuis recommandé à d’autres entreprises. Je propose essentiellement de faire de la publicité pour les sociétés sur les réseaux sociaux, surtout sur Facebook. Le bouche à oreilles s’est fait et avec beaucoup de persévérance ça a fini par payer ! Cela fait maintenant deux ans et demi que je travaille dans le marketing digital et j’adore ça : je fais tout depuis la maison avec des gens que je choisis et dont j’admire les services.
J’envisage maintenant de créer une nouvelle boutique sur les produits renouvelables, mais aussi d’apprendre à maîtriser la publicité YouTube pour l’utiliser sur mes sites et proposer de nouveaux canaux à mes clients.
Quel est selon toi le b.a-BA du marketing digital et comment ce dernier a-t-il évolué depuis que tu as commencé ?
Pour moi, ce qui est important c’est de lier un visuel accrocheur avec un processus d’achat simple et clair ; les deux sont indissociables. Dans le cas de la promotion du Livre Collector du Courrier Australien par exemple, je crée des vidéos très courtes de 15 ou 45 secondes pour captiver l’intérêt.
Depuis mes débuts, les coûts ont beaucoup augmenté et de plus en plus de gens se sont lancés dans le marketing digital, la concurrence est plus rude.
Quels sont les principaux challenges du marketing en temps de COVID-19 ?
Dans mon cas, il me semble que c’est le service client et le délai de livraison. Avec la crise sanitaire, les ventes en ligne ont augmenté, tout comme le service client et les temps d’expédition, qui sont devenus énormes. Il faut donc bien faire comprendre aux clients que ça prendra plus de temps. Les ventes en ligne ont chuté depuis la fin des mesures de confinement, le 11 mai, et reprennent seulement vraiment depuis la semaine dernière.
La crise sanitaire changera-t-elle les habitudes des entreprises sur le long terme ?
Oui, je pense notamment au télétravail. Les entreprises ont été obligées de faire confiance à leurs employés pendant la crise. Plusieurs études ont d’ailleurs prouvé que le télétravail était plus efficace que le travail au bureau.
Cependant, pour favoriser la productivité de leurs employés en télétravail, les entreprises doivent leur fournir du matériel correct. Pour bien bosser de chez soi, il faut une bonne chaise de bureau afin d’éviter le mal de dos par exemple. Sans oublier, le fait d’adopter de nouvelles règles pour travailler de la maison !
En parlant de télétravail, penses-tu justement qu’il favorise, de façon un peu paradoxale, le lien social, en créant une porosité entre la vie professionnelle et privée ?
Tout à fait ! Il révèle une partie de la personnalité de nos collègues, qu’on ne connaissait pas forcément. Il y a beaucoup de conférences Zoom dans lesquelles les employés voient le chat de leur supérieur passer en arrière-plan au beau milieu d’une réunion ! C’est un bon moyen d’enlever une barrière hiérarchique, nous sommes tous des êtres humains après tout… Le COVID-19 a humanisé et recentré beaucoup de personnes sur les choses les plus essentielles.
De nouvelles évolutions sont-elles à prévoir pour les entreprises ?
Beaucoup vont passer au digital. De nombreuses entreprises qui avaient juste des boutiques physiques avant le COVID-19 sont désormais présentes en ligne. Et le changement est radical : je pense notamment à des vignerons qui ont tout misé sur leur boutique en ligne et ont explosé leurs ventes. Mais aussi à Nuevo, une marque de cosmétiques pour laquelle j’ai travaillé : ils ne vendaient quasiment rien en ligne mais une fois leur site optimisé, les ventes sont montées en flèche ! Avoir une vitrine en ligne c’est plus que vital, c’est nécessaire. Chaque entreprise devrait diversifier ses sources de revenus.
Bien qu’utilisés par une grande partie des individus pour s’informer, les réseaux sociaux sont porteurs de nombreuses « fake news », et pourraient, selon certaines études, amplifier l’anxiété ressentie en temps de COVID-19. Qu’en penses-tu ?
Je n’utilise de mon côté que Facebook pour le business, parce que je trouve que le site génère trop de négativité, il nous « force » à nous comparer aux autres. L’autre problème avec les réseaux sociaux c’est que tout est dans la rapidité, on consomme de l’information. C’est quelque chose que je remarque souvent à travers le marketing digital : les trois premières secondes d’une vidéo sont les plus importantes. Si elles n’ont pas captivé l’attention de l’internaute, il ne la regardera pas.
Tout cela me fait d’ailleurs penser à un journaliste américain qui avait écrit un article avec 10 lignes d’informations volontairement falsifiées, suivies d’une explication de sa part pour révéler le mensonge et éclaircir sa démarche. Il voulait prouver que les gens ne prenaient pas le temps de lire avant de commenter sur les réseaux sociaux et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a réussi : la plupart des lecteurs lui reprochaient de relayer de fausses informations car ils n’avaient lu que les deux premières lignes de l’article…
Pour terminer, comment penses-tu que les entreprises se relèveront de la crise sanitaire ?
En faisant plus confiance à leurs employés quand ils ne peuvent pas venir au bureau et en gérant plus de choses en interne. Je pense également qu’elles devraient moins se baser sur la Chine pour faire leur business. C’est une puissance qu’on ne peut pas maîtriser, qui devient tellement autonome… plus on se repose sur elle, plus on perd en indépendance.
Pour en savoir plus sur l’agence digitale de Christophe Lourenço, rendez-vous ici.
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