Depuis le 30 octobre, Guillaume Fillet est le nouveau président de Le Festival, événement annuel qui met à l’honneur la culture française à Brisbane. Pour Le Courrier Australien, il revient sur cette belle aventure associative, et explique son rôle de président face aux difficultés que traverse le monde de la culture.
Marius Boyer : Bonjour Monsieur Fillet, félicitations pour votre nomination à la présidence du Brisbane French Festival. Pouvez-vous nous en dire plus sur cet évènement ?
Guillaume Fillet : Le Festival – Brisbane French Festival est le plus gros événement français du Queensland, et c’est aussi l’un des plus gros événements associatifs français d’Australie. Le but du Festival, c’est de promouvoir la culture française avec des vendeurs de nourriture, des vendeurs de produits liés à la France, des artistes ou des associations françaises. Tout ce qu’on fait au Festival doit être lié à la France.
MB : Tous les exposants sont français ?
GF : Non, pas du tout ! N’importe qui peut participer au festival, du moment que cela a un rapport à la France. On accueille par exemple un restaurateur italien et qui adapte ses arancinis à la sauce française. On a aussi le stand d’un des plus beaux restaurants français qui est tenu par un couple d’australiens qui ont été formés en France. Même au niveau de l’organisation, Le Festival n’est pas voué à être fait uniquement pour et par des Français. Parmi la trentaine de personnes du comité d’organisation, on a une dizaine d’Australiens ou de personnes d’autres nationalités, qui veulent juste aider à faire ça parce qu’ils aiment la France ou parce qu’ils veulent s’occuper d’une association.
MB : Vous êtes donc tous bénévoles ?
GF : Oui, on est une association, donc on est tous bénévoles, on a tous un travail à côté du festival. Ça nous différencie d’autres événements similaires en Australie on monte notre festival de toutes pièces avec des volontaires. Après, chacun fait ce qu’il veut. Les bénévoles rejoignent les comités en fonction de leur skills ou en fonction de leur motivation : c’est pas parce que tu es comptable dans la vie que tu dois venir faire la comptabilité chez nous ! Moi je suis project manager et président du festival, alors que je n’ai jamais été président nulle part ailleurs.
MB : Et comment vous êtes vous retrouvés dans cette organisation ?
GF : Je suis arrivé dans le Festival en 2023, j’étais juste volontaire pour le week-end. Je connaissais bien un des membres qui y était à l’époque, et il m’a dit de venir dans l’équipe logistique. En 2024 je suis devenu membre du comité logistique tout le long de l’année pour préparer le Festival, et en 2025 j’ai pris la tête du comité, car celui qui y était devait partir d’Australie. Il y a eu beaucoup de changements cette année, et beaucoup de membres historiques du Festival sont partis. Il fallait quelqu’un pour reprendre la présidence, et je me suis proposé.
MB : Et quel sera votre rôle, en tant que président ?
GF : En premier lieu, je suis une figure publique : L’association a des devoirs, comme publier ses statuts, publier ses chiffres, et je suis responsable de la légalité du festival. Et puis il y a toute la partie management des équipes. On est une trentaine de personnes à travailler pour le festival, répartis dans plusieurs comités, et il faut quelqu’un pour coordonner tout ça. Mon rôle, c’est vraiment de faire en sorte que tout le monde passe un bon moment, qu’on trouve les meilleures solutions pour toutes nos activités et pour nos artistes. Je dois être un lead sur beaucoup de choses, prendre les devants pour maximiser le potentiel de nos équipes. j’ai conscience que je ne peux pas tout faire, c’est pour ça qu’il faut s’entourer d’équipes efficaces et avoir confiance les uns envers les autres. Je n’ai pas non plus l’intention de tout contrôler, parce qu’il y a des gens plus expérimentés que moi dans certains domaines.
MB : Et est-ce que vous pouvez nous parler de la prochaine édition, qui aura lieu l’hiver prochain ? Où en êtes vous de l’organisation de votre première édition en tant que président ?
GF : D’abord il y a le lieu : Depuis le Covid, on l’a fait deux fois au même endroit et on aimerait y retourner cette année. Ensuite, pour les artistes et les exposants, on commence à avoir une petite renommée. On a déjà été contacté par des artistes de Nouvelle-Calédonie, ou par un groupe français fait une tournée aux Etats-Unis et qui veulent venir en Australie l’année prochaine. On a aussi déjà des exposants qui nous ont contactés… Je ne peux pas vraiment être plus précis parce que c’est un peu le début de l’organisation, et qu’on doit encore décider du thème de l’édition.
MB : C’est un peu une édition test ?
GF : Oui, avec les nombreux changements dans l’équipe, il a fallu retrouver des bénévoles prêts à s’engager. On ne veut rien révolutionner pour le moment parce qu’on n’a pas la prétention de faire ça. Il y a des choses qui marchent, on va les garder et les améliorer, les choses qui ne marchent pas, il faudra soit les repenser, soit les enlever. Au fil des années, on a réussi à avoir des partenaires et des sponsors solides qui ont confiance en nous et qui seront encore là l’année prochaine, donc on doit maximiser ce potentiel. Ce qu’on a vu cette année, c’est que la fréquentation n’a pas baissé mais n’a pas augmenté non plus, donc on doit trouver le moyen de changer ça!
MB : Et qu’est ce qu’on peut vous souhaiter, pour vous et pour le festival, à long terme ?
GF : L’objectif des prochaines années, ça va être de fidéliser les équipes et le public. On est une association, et nous voulons donner envie aux gens de venir nous aider à créer et à développer cet événement.Pareil pour certains fournisseurs, certains adorent travailler avec nous et sont des partenaires de longue date, mettre en place des partenariats peut nous aider à réduire nos coûts et faciliter la préparation. J’aimerais bien fidéliser un peu tout le monde, stabiliser la structure pour s’assurer de la pérennité du Festival. L’objectif est de faire en sorte que ça continue, et surtout qu’on continue de s’amuser. On veut garder cet esprit associatif cool et fun, tout en essayant d’en faire un truc sérieux qui puisse perdurer dans le temps.
Exposant, artiste, restaurateur… Si vous êtes intéressés pour participer à Le Festival, du 24 au 26 juillet 2026, contactez l’organisation à l’adresse info@lefestival.com.au





















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