Pour la première fois depuis près d’un an, la possibilité de voir le Brexit se concrétiser de manière imminente est réelle. Même si leurs négociations peuvent encore capoter d’ici au Conseil européen de jeudi et vendredi prochains, le Royaume-Uni et la Commission européenne semblent en bonne voie pour trouver un accord susceptible d’être adopté par le Parlement britannique.
Tout est parti d’une discussion téléphonique houleuse entre Angela Merkel et Boris Johnson. Pour la première fois depuis son arrivée au pouvoir en juillet, le Premier ministre britannique s’est vu dire très clairement qu’un accord était « hautement improbable ». La chancelière allemande a en effet jugé inacceptables ses dernières propositions pour remplacer le filet de sécurité irlandais (backstop).
Boris Johnson pouvait concentrer toute son énergie sur un Brexit sans accord avec les Vingt-sept (No Deal). Même s’il avait déclaré vouloir « un Brexit coûte que coûte le 31 octobre », cette issue est difficilement envisageable depuis l’adoption par les députés d’une loi obligeant le Premier ministre à demander un report de la date du Brexit si aucun accord n’est entériné d’ici au 19 octobre.
Tout tenter
Surtout, Boris Johnson ne veut fondamentalement pas d’un No Deal. La presse britannique justifie son renoncement par de récentes informations confidentielles sur la présence « de plusieurs centaines de dissidents républicains qui prendraient pour cibles toutes les infrastructures douanières ». Plus vraisemblable que ce prétexte qui prend comme boucs émissaires les terroristes de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), Boris Johnson sait qu’un No Deal provoquerait une véritable perturbation des échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et les Vingt-sept, en particulier pour les médicaments et les produits agricoles. Si une seule personne devait mourir à cause d’un médicament non livré, il en serait jugé comme principal responsable.
Jeudi dernier, le locataire du 10 Downing Street a donc choisi de tout tenter pour obtenir un accord. Il s’est rendu en urgence en Irlande pour y rencontrer son homologue Leo Varadkar. Les deux dirigeants ont discuté face à face pendant plus d’une heure et demie, avant d’indiquer qu’ils percevaient « un chemin vers un accord ». Vendredi, le ministre du Brexit Stephen Barclay et le négociateur en chef européen Michel Barnier se sont rencontrés pendant deux heures. Les négociations se sont poursuivies samedi et dimanche, avant que le cabinet restreint britannique ne soit informé de leur contenu dimanche en fin de journée.
Les éléments négociés ne sont pas encore officialisés mais, selon plusieurs médias, ils se rapprocheraient d’un des projets dessinés par l’ancienne Première ministre Theresa May. Pour le leader de la chambre des Communes Jacob Rees-Mogg, peu importe : l’important réside dans le fait que Boris Johnson est « quelqu’un en qui même les eurosceptiques les plus acharnés, même un adhérent du Brexit Party, peuvent avoir confiance ».
Source : La Libre Belgique
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